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Les articles de presse française
: Article paru dans l'Humanité dimanche du 19 Décembre 2007.
Magasine "L'entreprise" Mai 2003
Epatez nous
en chocolat par Bénédict BAUGÉ
Mars 2001 Pâtisserie, confiserie, sirops, confitures, voilà tout juste plus de cent ans que la Maison Hirsinger satisfait la gourmandise des Arboisiens. Aujourd'hui, à la quatrième génération, Édouard a fait de cette ville du Jura, célèbre pour ses vins, I'un des grands rendez-vous français des amateurs de chocolat. I1 y a peu, dans
un grand restaurant, une de ces tables qui font la réputation de
la France et que l'on vient visiter depuis l'autre bout du monde, Édouard
Hirsinger a été le spectateur médusé d'une scène
souvent considérée comme pure caricature: tout au long de
son repas, un couple de ces lointains visiteurs s'est fait servir un soda
qui, pour être prétendu désaltérant, n'a certes
pas une réputation de subtilité ou de complexité telles
qu'elles en font le partenaire idéal d'une cuisine raffinée. Pour autant, il n'est pas question de céder à un quelconque intégrisme du goût. Cela serait même loin de sa façon de penser. Edouard Hirsinger n'hésite pas, en effet, à introduire les épices les plus inattendues dans ses préparations, un soupçon de poivre vert pour venir relever une ganache, du piment d'Espelette pour faire vibrer une nougatine et répondre au parfum pénétrant de la cardamome. Ou bien il imagine un chocolat au praliné subtilement salé en souvenir des Salines toutes proches d'Arc-et-Senans (commune du Doubs), contrepoint gustatif aux fenêtres ornées de coulées de sel, à ces détails « parlants» imaginés voici plus de deux siècles par l'architecte Nicolas Ledoux. Un simple soda industriel n'allait donc pas l'intimider, sa reconnaissance fut elle planétaire, mais le Jura ne manque pas de bons produits, mieux en accord avec ce que lui s'enorgueillit de servir à sa clientèle. À quoi bon sélectionner les crus les plus subtils de chocolat, de jouer avec leur amertume et leurs dosages, de cueillir des fruits sauvages, d'utiliser des crèmes fermières aux délicats parfums d'herbages si, pour finir, on les envoie affronter des arômes simplistes imaginés par la chimie ? Le mystérieux goût de jaune : La région d'Arbois est un pays de vignes où l'on produit quelques vins uniques, le vin jaune en particulier, sorte de mystère œnologique capable d'affronter le temps en développant des arômes surprenants, d'une extrême puissance, où se mêlent la noix, verte dans sa jeunesse puis sèche lorsque le vin prend de l'âge, et le cari. Des chercheurs ont pu attribuer ce fameux « goût de jaune » à une molécule au nom étrange, sotolon, que l'on retrouve justement dans ce dernier. On sait la difficulté d'associer le chocolat à un vin ou une liqueur: sa force aromatique, son extrême longueur en bouche lui font, en général, presque tous les terrasser et, seuls, classiquement, quelques vins doux naturels parviennent à lui résister. De
fréquenter les vignerons de son pays, de découvrir en leur
compagnie ce célèbre « goût de jaune» si
pénétrant et qui semble infiltrer tout l'imaginaire gustatif
du Jura, a donné l'idée à Édouard Hirsinger
de le marier au chocolat. Mais le vin est si sec qu'il ne pouvait être
question de lui faire affronter le sucre: il fallait donc « désucrer
» au maximum le bonbon, ce qui ne simplifiait pas la mise au point
d'un massepain à base de noix, introduire en doses quasi homéopathiques
le cari pour qu'il suggère cette présence du sotolon sans
jamais noui donner l'impression de vouloir nou expédier au cœur de
l'lnde... De l'art de tomber juste : Cette curiosité
toujours en éveil qui le pousse à démonter les ressorts
aromatiques d'un produit pour leur trouver des contrepoints nouveaux (comme
il a décidé de partir à la découverte des secrets
de l'informatique et d'internet pour créer lui-même le site
de la maison), stimule l'imagination d'Edouard Hirsinger et, sans doute,
lui fait préférer le travail du chocolat à la pâtisserie
et mettre au point des chocolats de saison, avec collection d'hiver et collection
d''été, ou l'entrainer à torréfier lui même
son café, par exemple, ou bien à faire ses saucisses à
la maison et donc à bricoler dans sa remise un fumoir artisanal (dans
le Jura, il n'y a de bonne charcuterie que fumée).
Un métier,
une passion
Réalisation Christophe Joly Édouard Hirsinger ou la simplicité inspirée Élu Meilleur ouvrier de France en 1996, Édouard Hirsinger, chocolatier à Arbois (Jura), fait partie de ces artisans du goût qui marient avec talent qualité, tradition et innovation. Depuis près d'un siècle, le nom d'Hirsinger est associé à la gourmandise, dans la petite ville d'Arbois, au coeur du Jura. En 1992, à l'âge de 30 ans, Édouard Hirsinger a repris le flambeau, succédant à son père Claude. Pourtant, à 18 ans, c'est sans conviction qu'il apprend le métier de pâtissier, simplement pour que la pâtisserie reste dans le giron familial. Après avoir fait ses armes chez différents chocolatiers aux quatre coins de la France, il retourne à Arbois en 1989. Quand la pâtisserie lui revient, le chocolat lui est devenu passion : pour sa noblesse, la finesse de son goût, mais aussi pour le soin qu'il demande. Le choix du meilleur " Le chocolat est un produit intransigeant
qui ne supporte pas l'imperfection. Il requiert une rigueur extrême
" Pour y parvenir, notre chocolatier choisit les meilleurs produits. La crème servant à la confection des ganaches est exclusivement crue, achetée chaque jour à la coopérative d'un village voisin. Les amandes proviennent d'Espagne et de Provence, les noisettes du Piémont italien, les pistaches de Sicile... Et la réglisse qui parfume une de ses ganaches est la même que celle qu'utilisait son grand-père pour faire ses bonbons. D'ailleurs, parmi ces produits d'extrême qualité figurent un grand nombre de médaillés agricoles ! Jusqu'en 1992, aucune machine dans le " laboratoire ", nom donné à l'atelier du chocolatier. Et si, aujourd'hui, l'enrobage est mécanisé et que deux machines permettent de confectionner la ganache sous vide, c'est sans jamais oublier que la mécanisation est avant tout au service du produit. Édouard Hirsinger réussit d'ailleurs parfaitement à marier tradition et innovation. Ainsi, les créations de son arrière grand-père Auguste (Les Tous t'chefs : chocolat noir, praliné et noisette), de son grand-père Édouard (les Galets : praliné enrobé de meringue) et de son père Claude (Les Bouchons : pâte d'amande parfumée au marc d'Arbois) sont toujours vendues dans la boutique. L'innovation, , Édouard Hirsinger en a fait son affaire. Chaque année, il crée un ou deux nouveaux chocolats, avec un goût particulier pour les associations insolites, comme le chocolat au poivre vert ou encore le chocolat aux noix et au curry, à déguster avec du vin jaune, typique du terroir jurassien. Parfois, il trouve la formule tout de suite, parfois il s'acharne pour parfaire le bon dosage. Ainsi le chocolat au pain d'épice lui a demandé plus de six mois de travail avant de le satisfaire. Parfois même,
Édouard Hirsinger fait un constat d'échec, avec la noix de
muscade, par exemple. Mais le classique a aussi droit de cité parmi
la trentaine de chocolats proposés. Avec, pour meilleures illustrations,
les excellentes ganaches nature, plus ou moins fortes en cacao, qui
reflètent peut-être le mieux le savoir-faire du chocolatier.
Rien n'est plus difficile que de faire simple...
Pour la première fois
nous sommes classés par cette revue dans le
L'HUMANITE HEBDO
ARBOIS Ville Créative
Dans le département du Jura, la petite ville d'Arbois sait, dans bien des domaines, accommoder la tradition avec la modernité.
La première chose que l'on aperçoit en approchant d'Arbois,
c'est le clocher de l'église Saint-Just. Au hasard de ses pas,
le visiteur tombe immanquablement sur la maison de Pasteur, une bâtisse
à la façade recouverte de lierre. À Arbois, la
vigne est partout, et depuis belle lurette, encore. En effet, c'est en
1906 que la fruitière, ou coopérative viticole, voit le jour.
Quant à la première appellation d'origine contrôlée
(AOC) de France, elle est décrochée par les vins d'Arbois
dés1936. Pas étonnant donc que ce bourg de caractère
s'enorgueillisse du titre de capitale des vins du Jura. Pour en savoir plus,
une visite au Musée de la vigne, installé dans l'imposante
demeure féodale du château Pécaud, s'impose. Mais si on y a
perdu en quantité, on a surtout gagné en qualité, des
rouges aux blancs en passant par les rosés ou encore le vin jaune.
À ne pas confondre avec le vin de paille (Que l'on obtient à
aprtir de grappes de raisin mises à sécher plusieurs semaines
avan tle pressage), le vin jaune, à base du seul cépage savagnin,
est élevé en fût six ans et trois mois au minimum sans
ouillage (remplissage). Résultat: on obtient l'un des vins les
plus prestigieux de l'Hexagone, riche en arômes de noix, amandes
et curry. Au total, le vignoble jurassien aligne quatre AOC géographiques:
l'Arbois, le côtes du jura, l'étoile et le château chalon,
et deux Aoc de produits: le macvin et le crémant. Qui dit terre
de vins dit aussi gastronomie.
Edouard Hirsinger MOF Pâtissier-Chocolatier 1996
Pâtissier-Chocolatier de père en fils depuis quatre générations, la famille Hirsinger, avec Edouard, perpétue tradition et passion. Une belle histoire et sûrement la fierté de son père quand on sait que c'est l'arrière-grand-père, Auguste Hirsinger, qui a acheté cette pâtisserie en 1900. Mais il ne pouvait en être autre ment si l'on écoute Edouard Hirsinger raconter avec enthousiasme les passations de pouvoirs. Lorsqu'est arrivé
son tour, le 1er janvier1993, de prendre la relève, il avait déjà
fait son bonhomme de chemin et travaillé durant quatre années
au côté de son père.
Une consécration inestimable, mais quel travail pour y parvenir ! Edouard Hirsinger nous explique alors que c'est en participant à des concours de pièces en sucre qu'il s'est dirigé vers le chocolat. Une surprise ? Certainement pas lorsque l'on sait que ce jeune chocolatier a baigné durant toute son enfance dans l'atmosphère délicate et sucrée du chocolat. Comment l'idée de se présenter au concours des M.O.F. lui est- elle venue ? Tout naturellement, "on côtoie d'autres chocolatiers, on en entend parler et puis on s'y intéresse. j'y suis allé et je m'y suis inscrit, une première fois en 1993. Il arrive finaliste et n'obtient pas le titre. Mais Edouard Hirsinger ne baisse pas les bras, il se réinscrit et cette fois c'est la reconnaissance de son travail, "c'était plus dur, psychologiquement, parce que si les gens ne me connaissaient pas la première fois, là ils s'attendaient à ce que je fasse mieux." Il faut savoir qu'Edouard
Hirsinger, tranquillement installé à Arbois, est un homme
à part. Edouard Hirsinger toujours dans le souci de préserver l'authenticité du goût du produit artisanal utilise aussi le mixeur sous vide, "ce mixeur est fermé par un couvercle Avec un tuyau, Ainsi l'on travaille sous vide à 70 % et l'on obtient une meilleure conservation, une certaine homogénéisation et sur tout un meilleur goût. Primé à plusieurs
reprises au Festival international du Chocolat, Edouard Hirsinger nous
livre quelques-uns de ses secrets en nous proposant des entremets, des chocolats
épicés, et pour la première fois, voici un reportage
dans lequel un chef pâtissier nous présente des oeufs de Pâques...
en sucre candi. Première page du livre
d'or ; ouverte et dédicacée par Edgar FAURE
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